Stéphane Lhomme

Porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire

de septembre 2002 à avril 2010

 

 

 

Le Réseau Sortir du nucléaire en déliquescence

 

- Le rapport moral adopté avec 65 voix… sur 879

- Il ne reste que 250 associations adhérentes

- Les dirigeants putschistes ont réussi à rester en place

 

 

 

Dans Libération de ce 22 juin 2010, on peut lire que le Réseau Sortir du nucléaire sort "renforcé" de l'assemblée générale des 19 et 20 juin. La réalité est hélas exactement inverse : il ne reste plus que 250 associations adhérentes sur les 879 encore affichées. Et encore, beaucoup d'associations n'ont réadhéré que provisoirement, pour participer à cette AG et essayer de contrecarrer les manœvres des bureaucrates qui se sont accaparé le Réseau.

 

Ces tristes dirigeants, qui ont intrigué depuis des mois pour imposer la signature de l'appel sarkozyste "Ultimatum climatique", ont été massivement désavoués par l'assemblée générale qui a voté à 93% le retrait de cette signature.

 

Loin d'en tirer les conséquences, le directeur Brousse et les administrateurs putschistes (ils ont été installés en février suite au débarquement illégal du CA précédent) ont continué à tirer les ficelles et réussi à faire adopter leur bilan moral… par 65 voix : une misère sur 879 associations fédérées ! Ce n'est pas pour rien que ces piètres dirigeants ont refusé que le vote se fasse par correspondance : ils auraient été balayés.

 

L'Assemblée générale a donc laissé passer la dernière chance de sauver la Réseau. Il est vrai que la plupart des forces vives étaient absentes, écoeurées par les manœeuvres des dirigeants et des salariés qui "militent" au siège de l'association et non sur le terrain. Avec un aplomb insensé, les responsables de la crise du Réseau restent donc en place :

 

- le directeur Philippe Brousse, qui a lancé de lui-même la crise en tentant de contourner le CA

- les salariés "jaunes" qui ont dévoyé le droit de grève pour obtenir le licenciement d'un collègue et le débarquement des administrateurs légitimes (dont Didier Anger)

- 6 des 9 administrateurs putschistes, patrons-licencieurs et qui ont osé porter plainte en justice contre des antinucléaires irréprochables (le "retrait de la plainte" qui a été annoncé est inopérant : c'est le Parquet et lui seul qui décidera de poursuivre ou non)

- le directeur financier, incapable d'expliquer les curiosités d'un bilan financier qui, de toute évidence, masque des "cadavres" qui ne tarderont pas à sortir du placard…

 

A ce sujet, alors que le Réseau était financé depuis le début par les cotisations des associations et surtout par les dons des personnes individuelles, il est très inquiétant de constater que de gros chèques (jusqu'à 30 000 euros !) proviennent désormais de structures extérieures. Il ne faut pas être naïf : personne ne fait de tels dons sans contreparties. Il en est hélas fini de l'indépendance du Réseau, d'autant que ses dirigeants reconnaissent être à la recherche d'autres financements de ce genre.

 

Pour ma part, après avoir attendu jusqu'à cette AG dans l'espoir que la raison reprenne le dessus, je vais donc attaquer aux Prud'hommes les dirigeants du Réseau qui m'ont licencié sur la base d'une cabale écoeurante et d'accusations mensongères et diffamatoires.

 

Avec beaucoup d'autres, j'ai œuvré pendant 10 ans au sein du Réseau. En toute immodestie, je peux affirmer que, tout en restant un salarié ordinaire et un militant de terrain, j'ai fortement contribué à la réussite et à la reconnaissance du Réseau. Mais ce dernier est aujourd'hui dévoyé et décrédibilisé. En attendant une salutaire et nécessaire alternative, j'invite les citoyens opposés à l'énergie nucléaire à se replier sur les associations locales. Il est d'ailleurs symptomatique de constater que les fers de lance de la plupart des luttes (contre l'enfouissement des déchets, contre l'EPR et la Hague, sur le démantèlement, contre ITER, contre le nucléaire militaire, etc) se sont détachés du Réseau Sortir du nucléaire.

 

Agir contre le nucléaire, ce n'est pas seulement dénoncer le danger de la radioactivité, c'est aussi combattre le mensonge, la violence, les manœeuvres, les fraudes… tout ce qui fait aujourd'hui le quotidien de ce qui reste du Réseau. Une page se tourne, la lutte antinucléaire continue sous d'autres formes…

 

Stéphane Lhomme

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