Réseau Sortir du nucléaire :
l'affaire "Ultimatum climatique"



La grave crise traversée par le Réseau Sortir du nucléaire n'est pas entièrement réductible à l'affaire "Ultimatum climatique", mais cette dernière a déclenché et catalysé la crise, et elle en illustre parfaitement les ressorts.


Introduction

Dans la perspective du sommet de Copenhague sur le changement climatique, le WWF et Greenpeace ont lancé un appel dit "Ultimatum climatique". Adressé à Sarkozy, cet appel lui demande de "prendre la tête de la lutte contre le changement climatique", mais… sans dire un mot contre le nucléaire.

Cet "oubli" est très fâcheux dans la mesure où, justement, M Sarkozy ne cesse de promouvoir le nucléaire comme option pour sauver le climat ! (Nous mettons "oubli" entre guillemets car, en réalité, c'est un oubli volontaire : les initiateurs de l'appel pensaient - à tort - rassembler plus de signataires en n'évoquant pas la question, pourtant fondamentale, du nucléaire).

On peut éventuellement comprendre que des associations qui s'occupent prioritairement ou uniquement du climat signent cet appel. Par contre, signer cet appel est une faute majeure pour une organisation antinucléaire.

Or, dans des conditions extrêmement contestables, et de toute évidence en contradiction avec les engagements de la très grande majorité des adhérents, la signature du Réseau "Sortir du nucléaire" a été donnée à l'Ultimatum climatique.


Chronologie :


*Mai 2009* : WWF et Greenpeace publient un appel, appelé "Ultimatum climatique". Cet appel est adressé au Président de la République, il lui demande "de prendre la tête de la lutte contre le changement climatique", mais hélas sans préciser qu'il ne faut pas utiliser le nucléaire à cet effet.


*2 Juin 2009* : sur proposition de Stéphane Lhomme, le CA du Réseau "Sortir du nucléaire" adopte une position claire contre la signature cet appel, à travers un communiqué titré "Sortir du nucléaire conteste l'appel de certaines ONG à Sarkozy". Il est décidé de garder ce communiqué "sous le coude" et de ne le publier que si l'Ultimatum émerge dans l'actualité et conforte alors effectivement le nucléaire.


*11 septembre 2009* : profitant de l'absence de Stéphane Lhomme pour graves raisons familiales, le directeur Philippe Brousse met au vote la signature de l'appel Ultimatum climatique. Certains administrateurs pensent (à juste titre) avoir déjà pris position sur cette affaire mais Xavier Rabilloud, assistant de direction, assure avoir fait des recherches, n'avoir rien trouvé, et prétend qu'il s'agissait certainement de "discussions informelles".


*21 septembre 2009* : le CA, qui a clairement été trompé, adopte la signature d'Ultimatum climatique (en contradiction avec sa première prise de position)


*1er  octobre 2009* : de retour, Stéphane Lhomme découvre que le Réseau a signé l'Ultimatum climatique et demande un nouveau vote, en stigmatisant l'appel lui-même (et non pas les personnes) : "Je découvre que nous avons signé un appel PRONUCLEAIRE et faisant allégeance à sarkozy. Je demande un nouveau vote sur la base des infos qui n'ont pas été données au CA"


*1er octobre 2009* : l'assistant de direction Xavier Rabilloud répond avec la plus grande violence ("schématisme outrancier", "manque de respect", "traîtres à la cause", etc), afin de créer délibérément un grave incident. C'est le début d'une polémique au cours de laquelle le CA, très divisé, va se prononcer plusieurs fois et qui va permettre aux putschistes de se débarasser des administrateurs intègres et de Stéphane Lhomme.


*13 novembre 2009* : finalement, le CA vote le retrait de la signature de l'Ultimatum climatique par le Réseau. Mais le directeur Philippe Brousse, qui avait fait le nécessaire pour que la signature et le logo du Réseau soient ajoutés, refuse de faire les démarches de retrait, bafouant le vote du CA.


*7 février 2010* : lors de l'AG annuelle du Réseau "Sortir du nucléaire", le CA - qui a refusé le licenciement de Stéphane Lhomme ET retiré la signature d'Ultimatum climatique - est débarqué illégalement (les statuts sont bafoués). Par contre, l'AG adopte la motion du groupe Tchernoblaye qui dit que "Concernant le climat, le Réseau ne signera aucun texte qui n'écarte pas explicitement le recours au nucléaire". Cette motion vise clairement l'Ultimatum climatique.


*27 février 2010* : sollicité par l'association Tchernoblaye qui, sur la base de sa motion, demande le retrait de la signature d'Ultimatum climatique par le Réseau, le directeur Philippe Brousse répond par la négative en avançant que… la motion n'est pas rétroactive !

 

*19 juin 2010* : l'AG du Réseau vote à 93% le retrait de la signature d'Ultimatum climatique. Les putschistes (brousse, rabilloud, mijeon, les salariés jaunes, les administrateurs fantoches) sont donc totalement désavoués et la position de Stéphane Lhomme totalement justifiée. Hélas, loin de démissionner, les putschistes ont manoeuvré pour rester en place...



Conclusion : Questions d'orientation

Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que quelques individus ne se sont pas "trompés" en agissant pour que la signature du Réseau soit donnée à l'ultimatum climatique : c'est une ligne (ou plutôt une dérive) délibérée. Ils considèrent que le Réseau doit, quoi qu'il arrive, être en harmonie avec les dites "grandes organisations", quitte à en rabattre sur la revendication antinucléaire.

Cette orientation est totalement illusoire, et porteuse de vrais dangers pour le Réseau et pour le mouvement antinucléaire. Mais, après tout, chacun a le droit d'avoir un point de vue et de le défendre. Le PROBLÈME est que certains ne considèrent pas seulement (de façon incroyable) que cette option est la bonne, ils considèrent aussi que c'est la seule, qu'elle doit être appliquée, et qu'il n'est nul besoin d'en discuter. Il est vrai que leurs positions sont très minoritaires comme l'a montré le vote de l'AG…

Sommaire